Bertrand Cantat peut-il remonter sur scène ?

Le cas Cantat interpelle tellement les facteurs à  prendre en considération sont nombreux. C’est presque un cas d’école. D’un côté, la douleur infinie et légitime de la famille Trintignant et de l’autre, un meurtrier qui a été condamné et a purgé sa peine.

La question : a-t-il le droit de remonter sur scène et se faire applaudir ? J’y répondrai à la fin de ce billet.

Une remarque tout de même. J’ai visionné les images de Grenoble ! On voit Cantat aller au-devant d’un groupe hostile, devant la salle de concert où il doit se produire. Au milieu d’eux, une mère de famille surexcitée, un gamin de quelques années à peine dans ses bras, l’exhibant en étendard d’une cause à défendre. Un enfant n’a pas à prendre part à ce genre de manifestation. Maintenant remontons le fil de l’histoire…

Force est de constater qu’il y a une justice pour ceux qui tiennent le haut du pavé et une autre pour les culs-terreux. Dans un billet précédent, j’avais fait par de mon indignation à la condamnation d’une personne à deux mois de prison ferme… pour avoir volé des pâtes et du riz. Pour une pomme, un autre individu sera condamné à… 8 mois ferme.Bertrand Cantat

Un contraste avec Cantat qui tue une personne et se retrouve à purger 4 années effectives. S’il s’était prénommé autrement, serait-il sorti à l’air libre si rapidement ? J’en doute fort. Il aurait été mis  « au repos » 10 piges minimum.

Maintenant, tout cela est-il de la faute de Bertrand Cantat ? Bien évidemment non. C’est l’institution judiciaire qui en est la première responsable, c’est elle seule qui a décidé de sa remise en liberté *.

Je serai le père de la victime, je considérerai à juste raison que ce n’est vraiment pas cher payé. Maintenant, Cantat a t-il le droit de se produire sur scène ? Je dirais oui… sous condition !

C’est son métier et il a le droit de l’exercer, sinon autant rétablir la peine de mort pour le faire taire définitivement. Le réduire au silence une bonne fois pour toute.

Au passage, rétablissons le lynchage en place public afin que ce monsieur n’est définitivement plus aucune raison d’exister. La question, elle est là !
Il faut arrêter cette hypocrisie !  Que tous ces personnes qui sont contre le fait que Cantat remonte sur scène se regardent une bonne fois pour toute dans la glace…

Pour elles, au fond, il n’est question que du châtiment ultime et Olivier Marchal (et en plus il fait du polar) en fait parti. À la libération, aurait-il été de ceux qui auraient tondu puis lynché ces femmes qui avaient couché avec des allemands ?

Être opposé à la peine de mort alors que l’on souhaite définitivement faire taire quelqu’un est une forme de lâcheté.
Une lâcheté prégnante qui en incombe d’abord aux médias qui n’hésitent pas à sauter le pas pour faire du buzz avec le « produit Cantat ».

Je suis entièrement d’accord avec Samuel Benchetrit qui trouve insupportable de voir le visage de celui-ci affiché partout, sur les couvertures de magazines. Contraignant les propres enfants de Marie Trintignant à devoir baisser la tête, lorsqu’ils passent devant un kiosque à journaux.

Insupportable bien évidemment de voir la tête d’un meurtrier sur toutes les chaînes d’infos, au mépris d’une certaine pudeur et d’égard vis-à vis de la famille et des proches de la victime.

Encore une fois, est-ce Cantat qui a exigé à être affiché partout ? Est-ce lui en personne qui a demandé à Léa Salamé lors de l’émission « Stupéfiant », de brandir devant Nadine Trintignant, son visage en Une de couverture du magazine Les Inrocks ?

  La pauvre femme, gênée, priant la « présentatrice » d’écarter ce visage de son champ de vision. Quel tact, Léa Salamé ! À faire la belle sans cervelle plutôt que du vrai journalisme : séquence à 3m41. Mais où avez-vous été éduqué, Madame, pour agir si vulgairement ?

Alors oui, si Cantat souhaite chanter qu’il le fasse, mais c’est aux médias de faire en sorte, égard à la famille Trintignant, de ne point le faire apparaître à tout bout de champ. D’annoncer ou pas ses concerts. Libre après aux personnes de s’y rendre.

Car à l’inverse, Cantat lui aussi à le droit à l’oubli de la presse, afin d’exercer  son métier discrètement. Que ces torchons de merde, j’ose le terme, se concentrent plutôt sur ces excellent artistes qui aimeraient bénéficier d’un battage médiatique semblable, mais pour la bonne cause. Tels ces groupes infiniment supérieurs à Noir Désir, de mon point de vue. Ange et Magma.

Personnellement, je n’irai pas voir Bertrand Cantat en concert. Sa vie, sa musique, le personnage ne m’intéresse pas. Maintenant, a-t-il le droit d’évoluer, a-t-il le droit à la repentance ou doit-il camper, pour l’éternité dans le personnage de l’assassin qu’il fût, un jour ? (Pour illustrer cet article, je n’ai bien entendu point utilisé l’image de monsieur).

* Il faudra faire un parallèle avec l’affaire Jonathan Daval et savoir de combien d’années celui ci écopera.

 

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