Vertus des plantes pour la santé
Plantes médicinales : un usage depuis la nuit des temps
Les plantes médicinales, riches en substances actives, ont été utilisées depuis l'aube de l'humanité pour traiter divers maux. Ces végétaux, qui constituent la plus ancienne forme de thérapie, ont évolué au fil des siècles, certaines tombant en désuétude tandis que d'autres gagnent en importance.
Au commencement, les hommes se tournaient vers les plantes pour soulager leurs souffrances. Parmi elles, certaines comme la moutarde étaient couramment employées sous forme de cataplasme ou de pédiluve au début du XXe siècle. À l'inverse, des fleurs modestes telles que les pervenches ont pris une importance majeure grâce aux recherches du professeur M. Janot, notamment avec la découverte de la vinca leucoblastine, un alcaloïde efficace contre les leucémies.
Avant de devenir une science, la botanique était avant tout médicale. Bernard de Jussieu, dans ses Dictées de botanique, classait les plantes selon leurs effets : assoupissants, corroboratifs, sternutatoires, etc. La phytothérapie, ou traitement par les plantes, s'est enrichie au gré des découvertes des voyageurs et de l'amélioration des techniques de culture.
Histoire des Plantes Médicinales
Depuis la plus haute antiquité, les hommes se sont toujours soignés avec les plantes. Mais pourquoi en avaient ils choisi une plutôt qu’une autre ?
De nombreux théoriciens à travers les âges ont tenté de l’expliquer. Parmi eux :
Hippocrate
(460-377 av. J.-C.) :Il découvrit la diététique en prônant l’utilisation des légumes et des fruits.
À cette époque la diététique reposait sur quatre principes : • La digestion est une forme de cuisson des aliments. • Il est préférable de s’alimenter avec des aliments cuits pour faciliter la digestion. • Le corps est composé d’éléments qui déterminent un tempérament. • Il est conseillé de manger une nourriture équilibrée avec des aliments qui correspondent à son tempérament.
Dans la diététique hippocratique sont répertoriés quatre éléments : l’Eau, la Terre, l’Air, le Feu. Chacun correspond à un tempérament défini par la théorie des humeurs :
- Lymphatique
- Mélancolique
- Sanguin
- Colérique
Chaque aliment est classé en fonction de ses qualités intrinsèques, échelonné en quatre degrés et deux axes principaux :
- Chaud, froid, sec et humide ou selon les axes : doux et amer, cru et cuit.
Dioscoride (1er siècle apr. J.C)
Médecin, pharmacologue et botaniste grec, Dioscoride est l'auteur de l'ouvrage "De materia medica" dans lequel est décrit toutes les plantes médicinales utilisées à son époque (près de 500). Un ouvrage de référence qui fut utilisé comme ressource par les médecins jusqu’au 19e siècle.
Galien (129-216)
Il fut sans aucun doute l'un des fondateurs de la pharmacie. Galien écrivit près de 500 ouvrages et il eut une influence durable sur la médecine à son époque.
Pline l’Ancien (23-79)
À la fois amiral, écrivain et naturaliste, Pline est l’auteur d’une encyclopédie intitulée « Histoire Naturelle » en 37 volumes.
Jusqu’au XIX siècle, les médecins se contentaient de puiser dans la «pharmacie du bon Dieu» jusqu’à ce que les chimistes un jour découvrent qu’il était possible d’isoler les principes actifs de certaines plantes comme la quinine du quinquina, la digitaline de la digitale etc.
Aujourd’hui il existe des centres de formation à la phytothérapie au sein de certaines universités.
Des expériences sont également réalisées en milieu hospitalier. Au CHRU (Centre hospitalier de Recherche Universitaire) de Clermont-Ferrand, le professeur Pierre Bastide a par exemple testé les vertus curatives des huiles essentielles de cannelle et de girofle sur les infections de l’appareil urinaire.
L’aromathérapie ou l’art de soigner par les huiles essentielles, est devenue une science méthodique depuis qu’elle repose sur une classification de ces huiles en fonction de leur capacité à lutter contre les bactéries.
En 1991, un décret a supprimé les remboursements de toutes les préparations magistrales, portant un coup très dur à la phytothérapie. Les conséquences ne se sont pas fait attendre :
- Baisse de fréquentation chez les phytothérapeutes ;
- diminution des investissements consacrés à la recherche ;
- diminution des tests cliniques.
Pour aller un peu plus loin...
Malgré les avancées spectaculaires de la médecine, les plantes médicinales restent irremplaçables dans certaines thérapeutiques, avec la digitale comme exemple typique. En France, des dizaines de milliers de tonnes de plantes médicinales sont utilisées chaque année pour mettre au point de nombreux médicaments.
Longtemps, les plantes sauvages étaient jugées supérieures aux plantes cultivées. Par exemple, le codex de 1884 recommandait d'extraire la digitaline des feuilles de digitale des Vosges. Aujourd'hui, la plupart des plantes médicinales proviennent de cultures sélectionnées pour améliorer leur qualité et leur efficacité.
La plupart des espèces végétales qui poussent à travers le monde entier possèdent des vertus thérapeutiques dues aux principes actifs qu’elles contiennent et qui agissent directement sur l'organisme. Depuis la nuit des temps, les plantes ont servi à soigner des maladies bénignes comme le rhume ou la toux.
De nos jours, les traitements à base de plantes reviennent au premier plan, car de nombreuses personnes préfèrent une alternative aux médicaments dont ils redoutent parfois les effets secondaires.
Exemples d'utilisation
Les tisanes, préparations aqueuses édulcorées, sont couramment utilisées soit comme véhicule pour d'autres substances, soit comme boisson. Leur préparation peut impliquer diverses techniques : solution, macération, infusion, digestion ou décoction, chacune nécessitant des conditions spécifiques de temps et de température.
- Les plantes sont souvent associées selon l'effet thérapeutique recherché, formant des mélanges appelés espèces.
- Les poudres végétales sont obtenues à partir des parties les plus actives de la plante, comme les racines (Aconit), les fruits (Ciguë) ou les feuilles (Digitale).
- Les formes galéniques concentrées (hydrolats, alcoolats, teintures, extraits) augmentent l'activité thérapeutique des plantes.
Exemples de Plantes Médicinales Utilisées
Depuis le XVIIIe siècle, les chercheurs ont isolé de nombreuses substances actives, comme la quinine extraite de l'écorce de quinquina par P. Pelletier et J. Caventou en 1820. Certaines plantes, comme les agaves et les droscoréas, fournissent des stéroïdes utilisés dans la synthèse de médicaments tels que les vitamines et les corticoïdes.
Autres usages
On emploie à nouveau l'absinthe chinoise et en particulier son principe actif pour soigner la malaria lorsque les protozoaires responsables de la maladie résistent aux médicaments. La phytothérapie sur le conseil de certains médecins est souvent associée aux traitements classiques. La phytothérapie connaît de nos jours un essor exceptionnel, spécialement dans le traitement des maladies chroniques telles que l'asthme ou l'arthrite.
Le pouvoir des plantes
Les plantes et leurs effets sont considérés en fonction de leurs principes actifs.
- La quinine est dérivée du genre cinchona et employée contre la Malaria.
- l'éphédrine du genre éphedra est présente dans de nombreuses prescriptions contre les rhumes.
En phytothérapie, l’efficacité des plantes entières
Si il est important de maîtriser l'action des différents principes actifs, en phytothérapie contrairement à la médecine classique, on recommande l’utilisation de la plante entière. La raison en est simple, les plantes contiennent des centaines, voire des milliers de substances chimiques actives. Propriétés nutritives et curatives
Il n’est pas toujours aisé de faire une différence entre propriétés nutritives et propriétés curatives.
Par exemple, le citron, la papaye, l'oignon et l'avoine possèdent les deux à la fois. Le citron prévient les infections, la papaye peut-être utilisée comme vermifuge. L'oignon est traditionnellement utilisé pour prévenir les affections des bronches, l'avoine est connue pour augmenter l'énergie. L’extrait de pépins de Pamplemousse sera particulièrement efficace pour prévenir toutes sortes d’infections.
Le saviez-vous ?Au Moyen-âge pour soigner la population, les abbayes avaient mis à disposition des hôpitaux des monastères, des jardins de plantes médicinales. Dans le Capitulaire De Villis promulgué par Charlemagne en 812, des plantes à usage médicinal, textile et tinctoriale furent répertoriées.
Au XIIe siècle, Hildegarde de Bingen , une abbesse d’un couvent de Bénédictines s’attacha à établir la santé de l’homme dans ses différentes dimensions, pour cela, elle écrivit plusieurs ouvrages sur les vertus thérapeutiques des plantes. Ce fut une approche moderne de la médecine dans le contexte de l’époque.



