Manifestations du 1 mai : dans la peau d’un black bloc


Il n’y avait de caméras que pour eux…

J’entendais sur BFMTV, des spécialistes invités en plateau s’inquiéter de la présence d’un noyaux de 1 200 black blocs au sein d’un groupe d’environ 15 000 personnes plus ou moins radicalisées. Tous s’indignant de l’effroyable attaque d’un MacDonald’s, symbole emblématique du capitalisme.

Black blocs : décryptage d’un phénomène

Tentons de comprendre cette radicalité du point de vue des valeurs dont se réclament les black blocs. L’un de leurs slogans en forme d’oxymore est d’ailleurs : « Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes ».

Sous cet angle, ce lien de causalité est tout à fait recevable. Moins de « Françafrique », d’ingérences inutiles à l’étranger, de conflits à travers le monde. Moins d’argent pour le lobby de l’armement qui représentait en 2017, 57,8 milliards de dollars, soit 2.3% de notre PIB.

Des contrastes saisissants qui dénotent avec une société de plus en plus végan et donc sensibilisée par la cause animale. Nous ne sommes plus à un paradoxe près.Black bloc

Il en est de même du traitement médiatique. Qui n’a point lu dans un média du Web, un article traitant d’un pays rongé par la famine avec en illustration, une photographie vantant un régime minceur à base d’aloe véra ou de garcinia cambogia ?

À propos du 1 mai, un chroniqueur de BFMTV s’est exclamé ce matin en empruntant le même logiciel : avec ces images de casseurs, on a fini par en oublier la manif.

Vous avez bien raison, cher collègue, seulement quelle est la chaîne d’info en continu qui a consacré 99% de son journal aux black blocs ? Et bien la vôtre. 12 heures d’antenne, pas une image du défilé proprement dit.

Parce que des images spectaculaires sont plus vendeuses en terme d’audimat qu’une gentille foule silencieuse réclamant quelques droits pour ses travailleurs.
En toile de fond, tout cela participe d’un marché financier qui imprime l’inconscient collectif de la jeunesse.
 
Des jeunes nés avec des clichés de carte postale et qui se cherchent une voie au bon format pour exister. Mais comment se projeter dans l’avenir avec un boulot précaire, dans une société où il n’est plus question d’avoir un métier pour la vie ? De fait, d’être exclu de l’éligibilité à un crédit bancaire…

C’est bien cette problématique que pose le black bloc et nous ne pouvons point faire comme si de rien n’était. De dénoncer ces enfants de la République sans tenter de comprendre : Couvrez ce sein, que je ne saurais pas voir… Surtout ne rien changer, jouer les aveugles et le phénomène s’amplifiera inexorablement.

Black blocs : une guerre d’images

N’est-il pas révoltant, dans une société où l’image est reine, de voir Kim Kardashian gagner 46 millions d’euros durant l’année 2016, grâce à la télé-réalité ? Le footballeur Cristiano Ronaldo quant à lui pouvant s’acheter une Bugatti Veyron à 870 000 euros tous les 3 matchs.

Comment peuvent se situer tous ces jeunes dans une société qui a fait sien, cet adage :
Dis-moi combien tu gagnes, je te dirais qui tu es !

Un jeune pauvre, désintéressé par le matérialisme et avec des idéaux à défendre serait donc un pauvre gamin sans valeurs, sans foi ni loi, un paumé aux yeux de la république ? Les black blocs, des casseurs qui détruiraient pour le plaisir, notre magnifique modèle social ?

C’est bien sous cet angle qu’il faut analyser le phénomène black bloc, révélateur du ras-le-bol de cette jeunesse à se projeter dans un avenir qui a fait des marqueurs cités plus haut, les exemples à suivre. Pour réussir, tapez dans un ballon ou montrer vos fesses à la télé et vous gagnerez plus en travaillant moins.
C’est ce modèle qui permet « aux inutiles » de percevoir des sommes astronomiques qui est aux yeux des black blocs, l’ennemi à combattre. La cause à défendre face à cette violence économique qui les a mis sur la touche. Car pour beaucoup d’entre eux, ils sont les enfants des plans sociaux et du chômage qu’ont vécu leurs parents.

Ce « morphotype psychologique », il est peu ou prou le même que celui rencontré lors de la super rave illégale qui a rassembler près de 8 000 personnes dans la Marne ou bien sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

Le mouvement black bloc se pose donc en Robin des Bois, choisissant « le maquis » pour rentrer en résistance contre un système politico-économique qu’il déteste plus que tout. Moins de blabla Mélanchoniste et davantage « d’opération coup de poing » pour se faire entendre.

Le sénateur révolutionnaire de salon Jean-Luc Mélenchon étant à leurs yeux, un traître à la cause. Celui-ci condamnant d’ailleurs sans ambages, les évènements qui se sont produits, ce 1 mai : « Insupportables violences contre la manifestation du 1 mai. Sans doute des bandes d’extrême droite…« .
Signe d’une malhonnêteté intellectuelle caractérisée de la part du député. Les black blocs étant pour la majorité, issus de l’ultragauche.

Une cause et des contradictions

Pourquoi les black blocs s’en sont-ils pris à un engin de chantier ou a une auto-école, symbole du prolétariat ? C’est la preuve d’une bêtise sans borne que de saborder l’outil de travail des « petites gens ».

Analysons les slogans black bloc :

La police tue, appelle à la révolte !

Il y aurait un « usage excessif de la force » ? Depuis le décès de Malik Oussekine, le 6 décembre 1986 à Paris lors d’une manifestation étudiante, la police n’a plus fait aucune victime.

En France, nous sommes à des années-lumière des répressions policières qui se produisent chaque année dans de nombreux pays du monde. Au Nicaragua, les manifestations du mois d’avril ont fait 42 morts.

Bienvenue de l’autre côté, ne vivons plus comme des esclaves !

La ficelle est un peu grosse. Pour ceux qui ont voyagé, la France est un pays ou la couverture sociale est l’une des meilleures au monde, et où il existe un revenu minimum pour les plus pauvres. De quel esclavagisme parle-t-on ?

Disproportion des moyens policiers ?

1 500 étaient déployés à Paris pour plus de 100 000 manifestants alors qu’ils étaient 2 500 pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes . Ces chiffres posent la question de la gestion des effectifs de police.

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