C’est quoi être un juif : une identité ou une culture ?


Identité juive ou influences multiformes ?

Je me souviens d’une jolie série de portraits vidéo signée par la réalisatrice israélienne Esti qui s’intitulait : c’est quoi être un juif ?

Le challenge était pour la personne juive ou non juive qui était interrogée de pouvoir formuler une réponse en moins 2 minutes. On y voyait toutes sortes de personnes s’exprimer sur cette question apparemment anodine, mais oh combien complexe. Juif, est-ce une identité, une religion, une culture ou bien un peu des trois ?Être juif ? Une identité ou une culture ?

 

Je vais tenter moi aussi m’essayer à cet exercice au regard de l’actualité de ces derniers jours, liée à l’antisémitisme :

Une personne est juive si on la désigne comme telle. Celui-là, c’est un juif !

Que sous-entendrait cette désignation ? J’y reviendrai plus loin. Une chose est sûre, de nombreux juifs ne savent pas qu’ils le sont ou se fichent d’ en être. Parce qu’à leurs yeux, être juif est relatif à une croyance et ne pas croire plus que cela en dieu est le lot de la majorité silencieuse.

Et puis de quel droit décrète-t-on qu’untel est chrétien, juif ou musulman sans même lui avoir posé la question.

À la sonorité de son nom ? Un Dupont serait donc chrétien d’office, Cohen forcément juif et Brahim, le musulman tout désigné ?
Lorsque ce réflexe de pointer quelqu’un du doigt sera levé, le monde sera plus sage.

 

Finalement n’est-on pas le juif de quelqu’un ?

Si être juif participe d’une ambiance, de saveurs rencontrées sur les étals d’un marché, nous décrivons alors un mélange d’ingrédients culturels aux goûts complexes qui participent d’une histoire, en terre de France ou d’ailleurs.

Sous cet angle, si les juifs sont partout présents, c’est parce qu’il y a un génie juif lié à une identité plurielle.
Artiste, artisan, pauvre, riche, scientifique, philosophe, commerçants, écrivain. Les juifs sont issus de toutes les catégories socio-professionnelles.

Le génie juif tel que je l’entends puise son essence dans l’émancipation d’un communautarisme dont le principe est d’exclure toute personne qui ne serait pas à son image.

En ce sens, je parle donc de ces juifs libres comme l’air et ils sont majoritaires. De génies, la liste serait trop longue à égrainer tellement les domaines où ils excellent est sans fin. Nous pouvons citer Albert Einstein, Primo Levi, Franz Kafka, ou Arthur Rubinstein. Ces personnages étaient avant tout juifs parce qu’il étaient présentés ainsi par les antisémites. Pour les autres, ils incarnaient d’abord le génie de leur discipline.

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Expertiser le passé pour mieux comprendre le présent

Ne ce serait-il donc rien passé ? N’aurions-nous aucune réflexion de fond à mener sur la nature humaine et sur les évènements qui se produisirent pas plus tard qu’hier, entre 1939 à 1945 ? Aucun devoir de mémoire ? Circulez, il n’y a rien à voir.

Juifs que vous êtes, soyez ouvert, allez vers les autres, faites comme si rien ne s’était passé. Pratique et confortable d’exiger d’une communauté d’oublier la vision d’une encre imprimée sur le bras d’un grand-père alors même que les Vendéens au sujet des massacres qui eurent lieu en 1783 ou les Albigeois à travers Simon de Montfort nous rappellent à leur bon souvenir des souffrances endurées.

Une industrie de l’élimination

Un fait historique n’est point négociable. Ce fut la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’on extermina un peuple de façon industrielle. Le meurtre en série comme la marque de fabrique d’une autorité. L’éradication à la chaîne, automatisée pour plus de productivité.

D’abord avec des tatouages, comme pour le bétail, celui-ci parqué dans des bâtiments, puis envoyer à la file vers les chambre à gaz. Enfant, femme, vieillard. Sans distinction.

Une fois ces personnes réduites en cendres, on récupéra leurs effets avec minutie. Dents en or, lunettes soigneusement triées puis entreposées.
Après ce plan orchestré de façon diabolique, j’entends des voix s’élever pour critiquer ce repli sur soi de cette disant « communauté organisée ».

Le terme le plus con jamais entendu…. Communauté organisée. Comme si une communauté par essence était désorganisée.
Si de ce qui resta de la communauté juive s’organisa, c’est bien autour des souffrances subies et rien d’autre.

À moins de s’appeler Jésus, croyez-vous qu’une personne frappée avec un bâton viendra vers vous les bras tendus. Le repli est un réflexe naturel. Les pores de la chair se rétractent.

Les juifs tiendraient les cordons de la bourse…

Il existerait donc une communauté juive qui se serait organisée en secret. Sournoise, rampante et elle serait responsable de tous nos maux.

Une société occulte, à l’image de la série « Les envahisseurs », venus d’une lointaine planète pour nous asservir. Tels des corps étrangers à nous-même, les « autres » ! Détectables à la raideur de leurs auriculaires. Ennemis absolus à combattre.

Une communauté presque invisible qui dominerait tous les rouages de la politique et de l’économie. Propriétaire des médias pour nous bâillonner, nous interdire de parler. Une caste qui nous soumettrait progressivement pour faire de nous, leurs esclaves…

Tout cela n’est qu’une fable pour adultes attardés en mal de reconnaissance ou d’affection. Mais ça se soigne !

C’est aussi absurde que si nous avancions que les allemands avaient pactisé en secret pour s’emparer de tous les secteurs clés de l’industrie, les chinois quant à eux, se rabattant sur les bureaux de tabac à Paris ou bien les roumains… se liguant pour voler nos poules.

Je mets au défit n’importe quel juif de se présenter dans une boite X ou Y, et d’exiger d’être embauché parce qu’il serait un « supporter » d’Israël. Ça n’existe pas ! Même avec un PDG « sioniste » à sa tête. Si vous n’avez pas les compétences, vous vous faites jeter directe, peu importe votre « étiquette ».

Le sionisme ? Mais de quoi parle-t-on ?

Est-il interdit à un juif d’aimer à la fois la France et Israël ? À un marin, la mer et la terre ? Doit-il être étiqueté comme sioniste s’il est attaché aux deux ?

Nous devrions donc établir une jurisprudence basée sur ce que l’on entend par « sioniste ».

Un corse qui aimerait à la fois la France et l’Ile de beauté serait désigné comme « corsiste ».

Un breton, « bretonniste ». Un cantonais amoureux de Paris par l’intermédiaire de sa boutique acheté à un juif du sentier et en même temps éternellement attaché à sa Chine maternelle pour son potentiel d’importation en souris sans fil. On l’appellerait un cantonsentiste ? Combien de communautés organisées se terminant en iste ?

Égalité et Réconciliation ou l’obsession d’un certain juif…

On en vient inévitablement à Alain Soral et à son association Égalité et Réconciliation. Ce qui pose problème est l’idiotie de la formule en tête de gondole : « Communauté organisée ». Une communauté est forcément organisée à partir de l’ idée que l’on se fait du groupe auquel on appartient.

Dans la même veine, Égalité et Réconciliation en ferait donc partie. Une communauté organisée en circuit fermé, autosuffisante, avec sa propre télé, radio, boutiques, maison d’édition, journal en ligne, etc.

En vérité, cette communauté juive organisée n’existe pas au sens ou Soral l’entend. De juifs, il n’y a que des électrons libres.
Il y a par exemple en Israël, une ultra-gauche à faire pâlir le NPA, des personnes totalement athées et j’ai même personnellement connu un rabbin israélien marié à… une femme protestante.

Ce que Soral développe est totalement à côté de la plaque Il y a autant d’états d’Israël que d’Israéliens et là-bas comme partout, il y a des abrutis et des gens biens.

Communauté des abrutis organisés

On s’entend… par crème de gourde ! Par exemple le parfait crétin qui à deux bourses à la place du cerveau et qui désigne la nana à pécho comme de la volaille pour le plat de résistance.
Celui qui se lève systématiquement le matin de mauvais poil, la gueule dans l’cul sans même savoir pourquoi.

L’archi maniaque pour les autres sauf pour lui-même. Qui rêve d’en coller une à toutes celles et ceux qui ne hochent pas la tête pour magnifier son ego.

Celui qui par lâcheté, n’a pas eu le courage d’embrasser une carrière militaire pour exercer sa force brute.

Le lâche capable de traiter d’enculée une nana qui serait un peu trop longue à démarrer lorsque le feu passe au vert.

Enfin et c’est le cas le plus intéressant en l’espèce, celui qui se demande comment il pourra vous la faire à l’envers sur le plan pécuniaire tout en draguant votre épouse une fois que vous aurez le dos tourné.

De ceux-là, à mon humble avis, il y en a dans tous les pays et dans toutes les religions.

Alain Soral se trompe radicalement d’ennemi. C’est aussi gros que s’il prenait une rue en sens interdit en étant persuadé d’être dans le bon sens. Voulant après coup nous faire croire qu’il est sur la bonne voie.

Oui, Monsieur Soral, il y a bien une communauté organisée, mais elle est essentiellement lié à une politique de domination dont le principal rouage est l’avidité financière. Entendez se faire de l’argent sur le dos des autres au mépris de toute justice sociale. Cette communauté organisée, je la nomme « complexe militaro-économique » ou l’intimidation par les armes pour une mainmise sur les richesses.

Dans cette catégorie, on trouve sans distinction des personnes de toutes origines et de toutes religions.
Catho, musulman, juif, végétarien, viandard, psychopathe, cinéaste, businessman, homme et femme de gauche ou de droite. La liste est aussi longue qu’un rouleau de PQ…

Ce profil de personne, il est everywhere. il est Partout. Il participe d’une culture de domination qui fait fi des notions de générosité et de partage. De l’égalité entre les êtres.

C’est même la principale tare de la nature humaine et c’est bien cette caractéristique psychologique qui détient le pouvoir aujourd’hui. Pierre Boule, l’auteur du livre La planète des singes décrit parfaitement cette catégorie de personnes.

Ce ne sont pas de sentimentaux artistes qui nous dirigent, mais des militaires au service d’une finance « discrétionnaire ».
Le parfait exemple est incarné par le football. De ce qui ne devrait être qu’un jeu et rester en l’état a été transformé en pompe à fric avec des salaires irrationnels qui ne trouvent aucune justification par rapport à la vie réelle.

En 2017, Lionel Messi gagnait 4 euros à la seconde. Est-ce de son fait en tant qu’artiste footballeur ? Non.

La responsabilité en incombe directement au complexe militaro-économique qui a créé ces écarts abyssaux entre les êtres humains. Écarts qui justifient l’adage : tu ne vaux que ce que tu gagnes.

Il existe donc des gens qui ne valent rien comparés à des footballeurs qui perçoivent un SMIC toutes les 12 minutes. C’est la réalité comparée de l’inutilité de l’ouvrier par rapport à un joueur de ballon.

C’est l’écart de ce qui nous sépare de la vérité ultime ou la prise de conscience de ces inégalités moyenâgeuses. La technologie n’est qu’un fond de teint pour maquiller ces injustices. Si tous les gens ont des smartphones, combien d’entre-eux ne peuvent régler leur facture d’eau et d’électricité à la fin du mois ?

Vous avez dit sioniste ?

De quel sionisme parle-t-on ? J’ai un jour assisté sur BFM TV à une joute verbale entre Ruth Elkrief et l’avocat de Nordhal Lelandais, Alain Jakubowicz, tous deux soit disant des sionistes forcenés, issus de la communauté organisée. Le débat fut si âpre qu’on avait le sentiment qu’ils ne partiraient pas en vacances ensemble.

J’ai également écouté sur Youtube à une conversation téléphonique surréaliste entre le hacker Ulcan et le paparazzi Elfassi. Tout deux se revendiquant comme sionistes. S’ils s’étaient rencontrés en vrai, il y aurait eu un mort.

Ces exemples pour démontrer que ces personnes n’ont absolument rien en commun sur le fond.

Échec et mat et clap de fin : une histoire vraie

C’est une petite banque domiciliée en France, dirigée par une famille plus ou moins religieuse et dont certains membres sont attachés à Israël.

Dans ce cas de figure, et selon le raisonnement d’Alain Soral sur la communauté organisée, nous aurions du 3 en 1. Shampoing, coupe, brushing pour le même tarif. Banquier, sioniste et religieux.

Maintenant si vous appreniez que cette banque a privilégié le travail en famille de la même façon qu’une une entreprise de menuiserie de père en fils au fin fond du Lubéron.

Que cette activité bancaire soit liée à un lointain ancêtre, petit employé au départ et qui à force de travail parvint à gravir tous les échelons jusqu’au sommet. Qu’aujourd’hui les membres de cette famille portent une affection à Israël de la même façon qu’un « beur » pour l’Algérie… tout en étant farouchement opposé à la politique de Netanyahu car plutôt proche de la gauche israélienne. Notamment en ce qui concerne la résolution de la crise palestinienne. Qu’au sein de cette famille, il soit entendu que chaque membre puisse vivre en union libre avec un(e) « Goy »…

Que l’un d’eux est passionné par le saxophoniste John Coltrane et plus généralement par tout ce qui touche au jazz noir américain. Que la majorité des salariés de cette banque, de la base au sommet est non-juive.

Désigneriez-vous cette banque comme sioniste et faisant partis de la « communauté organisée » ?

Si je me suis servi de cet exemple, nous pouvons bien entendu le transposer à tous les secteurs d’activités.

S’en prendre aux juifs, qu’ils soient attachés à Israël ou pas et c’est bien leur droit est à l’image de la déforestation de l’Amazonie. La communauté juive ou celle qui se définie comme telle est indispensable à notre biodiversité culturelle.

Sans elle, nous manquerions d’oxygène. La France achèverait sa course dans un désert. Plus de création, de démocratie, musique, philosophie, recherche scientifique, médecine, défense des opprimés, bien-être social…

À titre personnel, il me serait difficile de ne plus pouvoir aller me balader rue des Rosiers sans m’imprégner de son ambiance et de ses couleurs. Je suis d’ailleurs nostalgique du restaurant Jo Goldenberg où l’on pouvait déguster un bortsch avec des pirojkis. La rue des rosiers disparaîtra t-elle à son tour ?

Israël : une goutte d’eau dans l’ océan

Comparé au Moyen-Orient qui fait 7.208 millions de kilomètres carré (source : Wikipédia), Israël, c’est un minuscule lopin de terre de 22 072 km2. Et bien qu’on leur foute la paix. Que vous le vouliez ou non, les juifs ont réussi à faire de leur territoire une démocratie. Statistiques à l’appui. Un pays où est représenté tous les partis politiques et toutes les religions :

    • 44% de la population est laïque pour à peine 8% d’ultra-orthodoxe.
    • 18% de la population est musulmane.
    • La consommation de cannabis est légalisé.
    • Mœurs : une Gay Pride a lieu chaque année.

Un pays si démocratique du point de vue de la liberté d’expression qu’elle a même engendrer… ses propres néonazis.

Voyez-vous, il y a une infinité d’Israël et comme partout, il y a des âmes nobles et de sinistres imbéciles. Après je ne contredis pas le fait qu’il y ait un problème palestinien, il existe réellement, mais force est de constater qu’en Israël…  les arabes israéliens sont présents en nombre et ils représentent 18% de la population.

Alain Soral doit-il être interdit de plateau ?

J’ai personnellement des désaccords fondamentaux sur le fond avec le personnage comme je l’ai décrit plus haut, mais étant positionné sur le modèle américain de la liberté d’expression, j’estime qu’il mériterait des contradicteurs dignes de ce nom pour lui donner la réplique. Idem pour Dieudonné. Cette censure de la part de la presse ne peut qu’avoir un effet totalement contraire à celui souhaité. 

De la même façon que l’on s’affrontait en duel à l’épée au siècle dernier pour laver son honneur, j’estime que l’on doit faire preuve de loyauté, même avec son pire ennemi.

On ne peut décemment poignarder quelqu’un dans le dos avec des phrases assassines sans lui laisser un droit de réponse. En ce sens, le positionnement des médias est insupportable et ce n’est pas un hasard si la France se situe au 39e rang mondiale de la liberté d’expression en 2017.

 

Morale de l’histoire

 

Alain Soral est un gâchis et cela est d’autant plus triste que je suis d’accord avec quelques-unes de ses analyses comme celles sur le Festival de Cannes ou lorsqu’il parle de boxe ou de football ou bien quand il dresse brillamment le portrait du Docteur André Gernez. Pour le reste, il est à des années-lumière de la vérité.

L’existence des chambres à gaz n’est pas négociable, elles ont participé à l’extermination des juifs de façon irréfutable.
L’homosexualité n’a point à être dénoncé comme une déviance, elle fait partie de la nature humaine. Chacun est libre d’aimer et se marier avec qui il l’entend.

La théorie de la communauté organisée est un mirage de même nature que le scénario du livre L’effroyable imposture de Thierry Meyssan sur les attentats du 11 septembre. Fumeuse de bout en bout.

Je ne crois pas à la féminisation de la société. Les femmes ont aujourd’hui des droits qui leur étaient jadis interdit. Est-ce cela la féminisation à la Soral ?
En 1942, pour avoir pratiqué des avortements, Marie-Louise Giraud sera guillotinée. Pétain lui refusa la grâce présidentielle.

Mise à jour

Nathalie Portman, Israelo-américaine a refusé le prix Genesis, ou l’équivalent du Nobel juif en signe d’opposition à la politique de Netanyahu. Monsieur Soral, cette comédienne fait-elle parti de la communauté organisée ?

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