Le Jazz : une influence sur tous les genres musicaux


Petit histoire du Groove

Le jazz puise ses racines au plus profond de la culture afro-américaine. Dans les années 1900 le terme « jass » était employé avant que l’idiome jazz n’entre définitivement dans les mœurs. Il désigne un univers si vaste qu’il est difficile d’en faire une description unique, de le cantonner à un style particulier. Il a été influencé par de nombreux courants. De Duke Ellington à Randy Weston.

Le jazz : musique complexe basée sur l’improvisation

Le jazz pourrait être considéré comme une continuité de la musique classique du fait de sa complexité et de sa structure, et ce, malgré qu’il puise son inspiration dans l’improvisation. Les musiciens s’entendent sur un air puis font parler leur feeling en l’interprétant librement. L’idée-force est de choisir une couleur musicale impulsée par le saxophone ou le piano et chacun ensuite explorera sa propre voie.Jazz

Une philosophie

Contrairement aux musiciens classiques qui interprètent une partition de façon « rigide », avec justesse ou pas, le musicien de jazz est quant à lui beaucoup moins contraint, car il est avant tout en recherche d’une tonalité propre, qui l’identifiera immédiatement.
L’exemple parfait est celui de Pat Metheny à la guitare. Si certains musiciens passent par le conservatoire, bon nombre est autodidacte, préférant se former à l’oreille ou progresser en s’exerçant sur des disques.
Le Jazz est un univers particulier qui a été en capacité de muter, de génération en génération, les influences se transmettant de musiciens en musiciens. De Sidney Bechet à travers son approche instrumentale idiosyncratique (clarinette, saxophone) à Charlie Parker qui influencera énormément de jazzmen, pas ses solos devenus mythiques.
Ce qui caractérise le musicien de jazz est sa faculté d’être à l’écoute, à l’affût de toute nouveauté qui l’obligerait à une remise en question sur sa propre façon de jouer.

La place de l’improvisation

Si les jazzmen pour la plupart savent lire une partition, ils ont toujours à l’esprit, une fenêtre d’improvisation qui les libérera de l’attaque d’une note afin de lui donner une couleur, une rythmique. Dans le jazz fusion par exemple, les accords en tant que tels sont souvent délaissés pour embrasser l’improvisation d’un point de vue plus global.
Un motif est privilégié, constitué d’un ensemble de phrasés ou « licks » qui sont autant de signatures facilement reconnaissables. Charlie Parker ou plus récemment Pat Metheny utilisaient leurs propre « licks » qu’ils réinjectaient dans des morceaux, fussent-ils très différents.

Le blues

D’un point de vue empirique, si le jazz à un lien avec la culture afro-américaine, le blues lui serait ce langage transmis de l’Afrique à l’Amérique. La mémoire nostalgique d’un ailleurs. Le jazz et le blues ont toujours été étroitement liés. Certains spécialistes disent même que si le jazz perd son lien avec le blues, il cesse d’être du jazz.
Afin de corroborer cette vision, On peut trouver de nombreux point commun entre Louis Amstrong qui se sert de sa voix comme d’un instrument et John Coltrane dans sa façon d’exprimer un langage à travers son saxophone.

Le rythme

En jazz, c’est le swing qui prévaut, une rythmique subtile presque indéfinissable, entre binaire et ternaire. Le terme swing, du point de vue d’un musicien est d’ailleurs quasiment impossible à définir.
Étymologiquement, il signifie oscillation ou balancement seulement même ces termes ne sont pas appropriés.
Faudrait-il traduire « Ca Swing vraiment fort » pour désigner un type particulier de Groove ? À chacun ses vérités. De Bennie Goodman à Count Basie dans les années 30, les spectateurs quittaient bien souvent leur siège pour se déhancher sur la piste de danse. C’est sans doute cela le swing, un mix entre écoute et façon de faire mouvoir son corps.

John ColtraneL’évolution du jazz à travers le temps

Il a pris diverses teintes : « Swing era » entre 1935 à 1946, Bebop, mouvement avant-gardiste dans les années 50,
jazz fusion à partir des années 70, qui intégrera notamment le rock à son arsenal mélodique.
D’une certaine manière, le jazz a influencé tous les genres musicaux, Soul, Funk, Hip-hop, Musique du monde. Naitra dans les années 80-90 l’Acid jazz, une synthèse de tous ces styles.

Naissance du Jazz

Le berceau du jazz est traditionnellement rattaché à la Nouvelle-Orléans depuis le 19e Siècle (1880). La plupart de ses grandes figures en sont directement issus : Louis Armstrong, Sidney Bechet, Bill Johnson et bien d’autres. Une période culturelle particulièrement riche ou s’interconnecteront durant plusieurs décennies, de multiples univers : classique, musique d’église, ragtime, blues…
Paradoxalement, le premier enregistrement de jazz sera réalisé à New-York en 1917 et attribué… à un groupe blanc constitué d’italo-américain : The Original Dixieland Jazz Band.
Plus sérieusement, c’est à partir de 1923 que les enregistrements de jazz les plus intéressants verront le jour. Notamment celui du groupe His Creole Jazz Band dans lequel se produisait Louis Armstrong.

L’ère du swing : année 30

À cette époque, New-York est la place forte du jazz. Les big band sont à la mode, notamment ceux de Duke Ellington et Count Basie.
Le jazz se restructure, les arrangements sont plus soignés, davantage écrit. L’improvisation est « encadrée ».
Malgré cela, des solistes de renom participent à ces grands orchestres : Artie Shaw, Coleman Hawkins, Roy Eldridge, Lester Young.
C’est également l’âge d’or de la radio qui sera u véritablement tremplin pour le genre musical.

Le Bebop : années 40

Après-guerre, le contre-coup économique fait plus ou mois décliner la mode des big band, mais elle signe une nouvelle ère.
Le jazz a besoin de se renouveler, expérimenter d’autres choses. C’est la période des jam sessions informelles avec à la baguette, Max Roach et Kenny Clarke (drums) accompagnant Dizzy Gillepsie, Charlie Parker, Bud Powell ou Thelonious Monk.
Ces artistes feront naître un courant appelé Bebop qui élargira considérablement les champs rythmiques et harmoniques du jazz.
Si à travers sa période Swing, le jazz pouvait être dansé, avec le Bebop, il revêt une tonalité artistique plus sérieuse que l’on écoute en tant qu’œuvre à part entière.Jaco Pastorius

L’avant-garde : années 50

Après la « cérébralité » du Bip bop, le free-jazz fait son apparition. En 1959, Ornette Coleman reconsidère l’improvisation.
Elle participe d’avantage d’un dialogue entre musiciens, se répondant les uns, les autres, par instruments interposés.
Intéressés par ce concept avant-gardiste, des musiciens lui feront par la suite franchir un cap : John Coltrane, Miles Davis, Wayne Shorter, le contrebassiste Ron Carter, le pianiste Herbie Hancock ou encore le batteur Tony Williams.

Jazz Fusion et Jazz-Rock

À partir de 1969, Miles Davis à la façon de Picasso, explose complètement le style pour lui donner un côté totalement abstrait.
En mélangeant notamment des instruments acoustiques et électriques. Le son devient plus rock. Les rythmes plus binaires, à travers Billy Cobham notamment.
C’est la grande période de Chick Corea avec Return to Forever, Weather Report de Jaco Pastorius, le guitariste John McLaughlin et son Mahavishnu Orchestra, Pat Metheny Group.

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