Nouveau contrôle technique : un peu plus dans la galère

Société normée et chasse aux pauvres

Je serais toujours un fervent défenseur de la société du temps jadis, certes pas forcément parfaite à bien des égards, car chaque époque a ses imperfections, mais où il régnait un agréable désordre ambiant. Où le grain de folie était autorisé.

Dans les années 80 à Paris, le cinéma Le Déjazet proposait un ticket pour 3 films à voir d’affilé. Les cinéphiles entraient en salle à minuit et en ressortaient à 5H 1/2 du mat. De nombreux troquets étaient également ouverts toute la nuit.
À cette époque, les gens étaient d’une certaine manière plus détendus car moins contraints. Ce constat rétrospectif pour constater à quel point nous vivons dans le blocage permanent.

Pris au piège dans un bouchon. Une société sous surveillance, aliénée à la norme. Norme qui tue à petit feu l’existence, sous prétexte de vouloir préserver des vies. Mais à quel prix ? Y avait-il moins de suicides chez les jeunes aujourd’hui que dans les années 70-80 ? Le sentiment d’insécurité lié au chômage est-il moins important ? A t-on aujourd’hui un métier pour la vie ?Contrôle technique mai 2018

La réponse vous la connaissez… Le taux de chômage entre 1975 et 2015 a été multiplié par quatre chez les 20-24 ans. Un agriculteur se suicide tous les 2 jours en France. Ah la belle France ! Devenue le label des directives européennes que nos politiques acceptent sans sourciller.

Pour quand une directive qui imposera des caméras de surveillance obligatoires dans nos habitations sous prétexte d’œuvrer pour la sécurité de notre vie privée ?

Bientôt la police à domicile. Un grand pas a été franchi avec le nouveau contrôle technique automobile qui se profile à partir du mois de mai 2018.

Augmentation des tarifs de 20% et contrôle tous les ans pour les véhicules de plus de 6 ans.
La chasse aux pauvres est ouverte. Quelles sont les personnes qui auront les moyens d’avoir un véhicule de moins de 6 ans ou bien qui pourront se permettre d’effectuer des réparations coûteuses, jusque-là non-obligatoires. Tout cela pour servir de carburant à l’industrie automobile qui ne supporte pas que l’on se fiche de rouler dans des tires qui ne paient pas de mine.

Ben oui, une voiture fabriquée avant les années 2000 embarque très peu d’électronique. Moins de gadgets inutiles = moins de réparation coûteuses.




Nouveau contrôle technique : une fabrique à hors-la-loi

75€ a payer tous les ans au lieu de deux, risque d’immobilisation du véhicule, abandon des vieux modèles. La majorité des travailleurs pauvres ou des personnes au RSA se retrouveront contraints de se déplacer à pied. Très facile lorsque l’on vit en province.

Conséquence de cette directive (n° 2014/45 ) qui a ajouté à son jargon le terme « défaillances critiques » : plutôt, que de risquer l’immobilisation définitive de son véhicule avec une amende à l’appui, toute une catégorie de personnes, de guerre lasse, optera purement et simplement pour le contournement de cette loi. Les raisons ? Raz le bol de payer, marre de servir la soupe aux industriels.
Cette directive ne participera pas à la réduction de l’insécurité routière, elle amplifiera le phénomène.

Car dans les 20 années à venir, une économie parallèle se mettra en place avec toutes ses dérives potentielles. Bakchich et système D.
Un nouveau métier verra le jour : intermédiaire pour nécessiteux. Vous graisserez la patte à un « entremetteur » qui vous trouvera le contrôle technique peu regardant sur l’état de votre véhicule. Déclinez cela à tous les interdits européens… Une cour des Miracles va renaître de ses cendres en souvenirs des temps anciens.

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