Pedro Almodóvar : le cinéma transgenre


Un OVNI dans le film d’auteur

Né à Calzada de la Calatrava, Espagne, le 15 septembre 1949.

Le réalisateur emblématique du cinéma espagnol contemporain, autant apprécié du grand public que de la critique internationale.
Dans les années 70, Pedro Almodóvar a commencé à développer ses compétences en réalisant des petits courts métrages à partir d’une caméra super 8 qu’il s’était acheté en faisant des petits boulots.

Au début des années 80, il tourne son premier long métrage : Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón (Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier)

Une comédie acide devenue culte, réalisée avec un tout petit budget. Il met en scène toutes sortes de personnages hauts en couleur. Drags-queen, lesbiennes et sadomaso. L’histoire débute avec une jeune fille qui cultive de l’herbe sur son balcon. Un flic qui habite dans l’immeuble en face la remarque. À partir de ce ce moment-là, tout part en live.Pedro almodovar à Cannes

Dans un style anti-bourgeois similaire, Pedro Almodóvar lance les carrières d’Imanol Arias et Antonio Banderas en les faisant jouer dans le film Laberinto de pasiones ( Le Labyrinthe des passions. 1982)

1983 : Entre tinieblas (Dans les ténèbres) est le troisième de Pedro Almodóvar. Un mélodrame sur fond de couvent et de bonnes sœurs pas si vierges que cela sur le plan des mœurs.

1984 : ¿Qué he hecho yo para merecer esto ? (Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?)
Une comédie noire à forte couleur sociétale. Le quotidien d’une famille vivant dans une cité de la banlieue de Madrid. Ce film servira de tremplin à l’actrice Carmen Maura.

Viennent ensuite Matador (1986), La Ley del deseo (la loi du désir, 1987), et Mujeres al borde de un ataque de nervios (Femmes au bord d’une crise nerveuse, 1988).

Les films de Pedro Almodóvar donnent une place centrale aux libertés sexuelles sous toutes leurs formes, en mettant l’accent sur les femmes, les gays et les transsexuels.
Fort de ces films à succès, Pedro Almodóvar, avec son frère Augustin fondent leur propre société de production cinématographique, El Deseo S.A.

1991 : le film Tacones lejanos (High Heels, 1991) est le premier de ses neufs films à ne pas avoir le succès escompté. Peut-être parce qu’il abandonne le comique pour se plonger dans la comédie dramatique pure et dure.

La reconnaissance de ses pairs

Tout au long des années 90, Pedro Almodóvar s’est appuyé sur des personnalités féminines fortes, par l’intermédiaire des actrices espagnoles Marisa Paredes et Victoria Abril.

Almodóvar a parfois été décrié pour son humour transgressif, notamment à propos d’une scène de viol dans le film Kika, censé être comique.
La période post 1993 sera prolifique en récompenses. Almodovar obtient l’Oscar du meilleur film étranger pour le film Tout sur ma mère en 2000 et Hable con ella (Parles avec elle. 2002) pour le meilleur scénario. Ces deux films ainsi que La mala educacion (La mauvaise éducation. 2004) sont des récits complexes construits autour des identités sexuelles dans une société que se transforme peu à peu.

Films à voir absolument

¿Que’il hecho yo para merecer esto ! (Qu’ai-je fait pour mériter ça ? 1984)
Mujeres al borde de un ataque de nervios (Femmes au bord de nerfs. 1988)

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