Réflexions sur la politique, l’économie et les médias…


La politique est née d’un territoire de chasse

Extrait du livre – Page 36

Lorsque McKinley compare la politique a un territoire de chasse, les frontières à des cellules…

Au début de l’histoire, l’homme guidé dans sa recherche de nourriture, s’attribua un territoire de chasse. Celui qui possédait les meilleures aptitudes pour cet exercice devint chef. Il prit un second suffisamment intelligent pour administrer ses terres.
Le temps passa, le territoire devint un état. Puis une affaire d’État lorsque survint la trahison. Le second avait feint l’amitié pour prendre sa place.
La politique naquit ainsi, sur un conflit d’intérêts doublé d’un mensonge. Car il avait caché qu’il était originaire d’un autre territoire. Une fois sa prise de pouvoir, il réunifia les deux tribus. Les siècles passèrent, des conglomérats de cellules se formèrent, devinrent de plus en plus puissantes.
Les frontières, reliquat d’un lointain passé étaient nées et avec elles, les pactes de non-agression qui n’empêchèrent pas les guerres, les conflits existaient à toutes les échelles, jusque dans les tissus de l’être humain où guerroyaient virus et anticorps.
Ce qui se produisait dans l’infiniment petit se déroulait à hauteur d’homme, on s’éliminait par incompatibilité d’humeur et tumeurs malignes.


Quel modèle de démocratie ?Politique et spiritualité

Extrait du livre – Page 39

Krikor Haratunian mesurait l’indice de démocratie d’un État au budget qu’il allouait à son train de vie et à son armée. Dette publique et secret défense étaient les seins nourriciers qui achalandaient la vitrine d’objets insignifiants, en lieu et place du réel nécessaire.
On épatait la galerie avec du matériel qui se démodait sans jamais servir. Les chars de 20 ans succédaient aux chars de 30 ans, les garnisons attendaient leur guéguerre jusqu’à la retraite et on la leur donnait au titre de n’avoir jamais combattu.
Les flamboyants dîners organisés dans les ministères servaient à se faire mousser, à
3 000 euros par tête de pipe. Pour le prestige. Le contribuable finançait des réunions d’élus qui se réunissaient pour convenir d’une prochaine réunion qui servirait à en planifier une autre. En politique, on faisait semblant de débattre d’un sujet qui finalement passerait à la trappe des mauvaises idées débattues lors de la dernière… Les institutions passaient en revue leurs propres clichés en jetant l’argent pas les fenêtres.

Un modèle économique absurde

Extrait du livre – Page 6

… L’art du trading pour un cercle d’initiés qui jouaient avec l’argent comme on s’exerce à la game boy. Chez Adams Benchmark Group, la clientèle était constituée de sportifs professionnels, sociétés de loterie, banques et grandes fortunes.
Pour les meilleurs traders de la boite, l’existence coulait de source. Il suffisait d’être un singe du calcul mental, utiliser la courbe d’une action comme une liane pour passer d’une position à une autre. L’un d’eux s’était exclamé en ce sens, à l’occasion d’un pot de fin de journée, dans l’euphorie de quelques coupes de Champagne et petits traits de blanche. La bourse ou l’art de faire main basse sur les récoltes assurées par des petites mains travailleuses, du point de vue du chandelier japonais.
Chez Adams Benchmark Group, le cadre était posé, une fois le boss parti. Les interdits autorisés, le langage peu châtié. Dans les milieux boursiers new-yorkais, ces attitudes étaient transmises sans lien de parenté, comme les entreprises de père en fils.
Au rez-de-chaussée, Édouard le concierge voyait cette jeunesse dorée empruntée chaque jour les ascenseurs de la réussite pour une destination aux codes inconnus.. Entre eux, 40 années d’écart, 50 étages en 20 secondes, 60 mois de salaire gagnés en moins de deux.

Acheter 42 l’enquête ultime ? Cliquez ici !

L’Occident vu du tiers monde

Extrait du livre – Page 39

…Krikor se souvint des paroles d’un fondamentaliste musulman.

— Vous acceptez un modèle de société qui autorise un meurtrier sorti de prison à tenter sa chance au loto et éventuellement être récompensé de ses actes. Comprenez que le jeu soit interdit chez nous…

Krikor Haratunian se servit de cet exemple pour démontrer que l’Occident avait perdu tout sens moral. Obésité, cures d’amaigrissement étaient perçues par les peuples touchés d’inanition comme des slogans de propagande provenant d’une société obsédée par l’apparence de son derrière.

La technologie est un leurre

Extrait du livre – Page 39

Le collectif commençait à entrevoir comment le monde fonctionnait véritablement. Malgré la technologie, l’homme traînait toujours derrière lui sa queue de saurien.
La technologie était un leurre, elle maquillait une époque pour lui donner un aspect plus civilisé. Les feux rouges ne stoppaient pas les voitures, seulement les gens qui les conduisaient.
Le monde fonctionnait sur l’illusion que si on effaçait ces bolides d’un coup de baguette magique, au lieu d’un embouteillage, resterait sur l’avenue une flopée de piétons assis le cul par terre.
Roi et cerfs n’étaient pas plus tard qu’hier, le temps présent était camouflé autrement. Les stock-options, les bonus, le marché des transferts (football) participaient d’une doctrine qui estimait la misère comme un concept abstrait, du point de vue du trader.
Aujourd’hui était pire qu’hier, si l’on considérait qu’au Siècle des Lumières, riches et pauvres avaient en commun de s’éclairer à la bougie.

Zapping, une forme de censure

Extrait du livre – Page 42

Bob ne s’étendit pas quand vint son tour… Il avait un profond mépris pour les baveux qui brassait de l’air pour des scoops qui tournaient court, l’info chassant l’autre comme un coup de balai. En Amérique du Sud, Bob avait été confronté à l’information coulée dans le béton armé des dictatures. S’il y en avait peu, distillée au compte-gouttes, il était facile de la censurer…

Les démocraties comprirent que pour arriver à un niveau de censure équivalent, il fallait non pas fermer, mais ouvrir les vannes afin que l’information se répande.
Une controverse était dans la foulée annihilée puis remplacée par une autre. En passant du coq à l’âne, d’un homicide à une recette de cuisine, plus rien n’imprimait la mémoire.
Les images se soustrayaient les unes les autres. Dans une démocratie, la meilleure censure était d’inciter au zapping permanent… Finalement lever la voix dans une foule bruyante avait moins d’impact qu’au milieu de gens silencieux.

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *