Macron, le Jupitérien en passe de devenir le Saturnien

– Ça va Manu ?

Et soudain un recadrage en règles d’un jeune collégien de 14 ans qui avait osé interpeller le président de la République en ces termes. Rien à dire, il a eu raison de le faire. C’est le discours qui s’ensuit qui pose question. Décryptage de la séquence.

En cette commémoration de l’appel du 18 juin 1940, le président passe en revue des jeunes placés derrière des barrières. Il arrive à la hauteur de l’un d’eux qui fredonne des paroles de l’Internationale : c’est la lutte, finale

Le président s’adresse au groupe de jeunes. Ça va bien ?
Le jeune. Bien et vous ? Ça va, Manu ?
Le président. Non, non, non, je ne suis pas ton copain…
Le jeune. Désolé monsieur le président…
Le président. Tu es là, tu es dans une cérémonie officielle, tu te comportes comme il faut. Donc tu peux faire l’imbécile, mais aujourd’hui, c’est la Marseillaise et le chant des partisans. Tu m’appelles monsieur le président de la République ou monsieur.Education de la jeunesse
Le jeune. Oui monsieur !
Le président. Voilà, c’est bien. Et tu fais les choses dans le bon ordre. Le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même. D’accord ? Et a ce moment-là, tu iras donner des leçons aux autres.
Un autre jeune l’interpelle : est-ce que vous compter réformer le CICE ?
Le président. Je compte le réformer à partir du 1 janvier prochain, ce sera un allègement de cotisations.
Le président Macron s’adresse à l’ensemble du groupe de jeunes. Vous êtes en quelle classe, vous ?
Le groupe de jeune en cœur : 3eme !
Le président. Bon, bien, il y a encore du boulot… Donc le brevet la semaine prochaine… et je compte sur vous pour la suite !
Le jeune effronté. Je l’ai déjà…
Le président. Tu l’as à part les points…
Le jeune effronté. J’ai déjà tous les points…
Le président. Oui, mais tu vas quand même le passer…
Un autre jeune. Oui, avec la mention…
Le président. Le plus haut possible… le plus haut possible
Le jeune. Pourquoi ?
Le président. Parce que…
Le jeune le coupe. Pourquoi la mention ?… je veux dire quand on est jeune…
Le président. Si tu veux aussi montrer ce dont tu es capable, et aller le plus loin possible… si tu te contentes toujours, heu, de juste, la barre… Voilà, il faut penser à la suite…

Décryptage : oui, le président de la République a eu raison de recadrer ce jeune. L’autorité étatique doit être respectée. Personnellement je ne suis pas mort d’un tirage d’oreille, au même âge, lorsque j’étais au collège.

Bayrou il y a quelques années infligea une belle claque à un gamin qui tentait de lui faire les poches. Mal lui en prit. Mais n’est pas Bayrou qui veut. Même en se repassant la séquence au ralenti, impossible de détecter la moindre anicroche, tant dans la gestuelle que dans les paroles.

Dans toutes les sociétés, qu’elles soient asiatiques ou africaines, il y a des coutumes, des codes a respecter.

On doit le respect au plus ancien. Lui laisser par exemple, une place assise dans un bus ou le vouvoyer lorsqu’on lui adresse la parole. Cela devrait même être de l’ordre du réflexe.

Ce qui pose question, c’est qu’Emmanuel Macron, en tant que chef de l’État aurait du également vouvoyer ce jeune homme, qui n’est plus un enfant. À 14 ans, on est considéré comme un adulte dans de nombreux pays à travers le monde.

Le respect doit aller dans les deux sens. Un président de la République, s’il habite la fonction doit montrer l’exemple en ne tutoyant point, à l’exception des très jeunes. Il est en effet, ridicule de vouvoyer un gamin de 10 ans,  sauf peut-être,  chez la baronne Tartampion.

D’autre part, je ne vois pas le rapport entre un recadrage éducatif et le fait d’avoir un diplôme et apprendre à se nourrir soi-même. Le possesseur d’un diplôme, serait de part son statut en mesure de donner des leçons aux autres ?

À moins d’enseigner une discipline particulière, un archi diplômé s’arrogerait le droit de faire la leçon à un artisan ou a un ouvrier sans diplômes car il serait d’un rang supérieur ? Détricotons le sous-jacent du discours.

Emmanuel Macron aurait pu en rester au stade du simple recadrage éducatif. Problème, il a surjoué la situation.

À l’entendre, il y aurait des priorités absolues comme travailler et se nourrir, les autres étant de moindres importances. C’est bien entendu louable seulement, on ne peut s’empêcher de mettre en perspective cette séquence avec cette réflexion sur les aides sociales qui selon lui, coûterait « un pognon de dingue ». Désignant de fait, les assistés paresseux.

En feraient donc partis, ces milliers d’agriculteurs qui travaillent plus de 12 heures par jour et qui faute de pouvoir se verser un salaire décent, se voient contraint de demander l’aide du RSA.

Le courage, monsieur Macron, c’est de s’attaquer aux vraies causes, la lâcheté, c’est de designer le pauvre comme responsable des conséquences néfastes qui en découlent. C’est trop facile de faire des plus faibles, des bouc émissaires.

Ce qui coûte un pognon de dingue, Monsieur le Président, ce sont les conséquences des guerres inutiles que la France a menée à l’étranger, engendrant des flux migratoires insensés. C’est le train de vie des institutions, responsable en partie de la dette publique.

C’est le mode de rémunération de certains dirigeants, à l’image de Georges Plassat, PDG de Carrefour qui a bénéficié pour son départ de 16 millions d’euros… et 517 810 euros de retraite annuelle, versée à vie.

Combien de Georges Plassat en France, depuis des décennies ? Des dirigeants qui bien souvent n’apportent rien à leurs entreprises respectives si ce n’est des dettes et des plans de licenciement.

Contrairement à un Bill Gates qui lui, a réellement inventé quelque chose et au passage, qui n’a pas oublié de léguer 90 % de sa fortune à des œuvres de charité. Chapeau bas, oh, génie !

Il n’y a pas de mal à être riche, c’est seulement la façon dont on y parvient qui vous désigne comme un belle personne ou un escroc en col blanc. 

Est-ce que les entreprises du CAC 40 qui ne paient pratiquement aucuns impôts en France ne coûtent pas un pognon de dingue ?

Combien de banques ont respectivement des dizaines de comptes offshores dans des paradis fiscaux. Ça, monsieur Macron, n’est-ce pas un pognon de dingue dont on ne voit jamais la couleur ?

Monsieur le Président, vous sembler tellement vous délecter de vous-même que vous finissez par planer au-dessus des humains. Vous n’êtes pas Dieu et il ne suffit pas de dire les choses pour qu’elles se produisent.

Ne croyez-vous pas qu’au lieu du coût que représente la crise des migrants à travers l’Europe, nous devrions plutôt utiliser cet argent afin d’aider ces personnes dans leurs pays respectifs ?

Avec le taux de change, cela serait d’ailleurs bien moins couteux. Vous n’avez soumis aucune mesure en ce sens, avec effet immédiat.  joignez les actes à la parole !

Alors certes, vous vous attelez à réformer la SNCF, les institutions, la taxe d’habitation, le glyphosate… mais rien de réellement révolutionnaire pour inverser la courbe du chômage et de la pauvreté. Absolument aucune mesure pour redistribuer équitablement les richesses. Protéger et développer l’agriculture en France.

Monsieur Macron, faites en sorte qu’au bout de votre mandat, nous ne fredonnions pas la chanson de Dalida : Paroles, paroles...

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