Réflexions : Islam, wahhabisme et géopolitique

Pourquoi les questions sur l'Islam sont-elles prise de tête ?

25/08/2018

Personne ne m'imposera d'adorer l'image d'un dieu dans lequel je ne me reconnais pas. Je suis libre de croire en une énergie, à une puissance supérieure telle que je me l'imagine et je ne permet à aucune institution religieuse de prétendre détenir une vérité qui n'a jamais été validée scientifiquement ni même visuellement à partir d'une photographie, un document audio ou vidéo.

Si un Dieu omniscient existe, il se serait manifesté par le biais de ces technologies.

Ce positionnement ne signifie point ne pas avoir la foi, je pars du principe que je n'ai pas à être pollué par des dogmes qui jouent en permanence sur les peurs et les interdits. Réforme de l'Islam Il y a toute de même une constante étrange. Dès que tu poses un regard critique sur une religion, ses fidèles sont capables de se transformer en psychopathe à faire passer un zombie pour un perdreau de 3 semaines, et de t'envoyer pour cette outrecuidance, dans l'au-delà à la vitesse de la lumière.

Au fond, n'est-ce pas la preuve que leur degré de susceptibilité est proportionnel à ce qui les sépare de la vérité ? Force est de constater que la religion qui pose le plus de questions en ce bas monde est l'Islam. Les autres, telle la chrétienté a été rendue inoffensive par la séparation de l'église et de l’État.

Les pays ayant adopté l'Islam politique éprouvent aujourd'hui les pires difficultés à prendre le chemin de la modernité. Les retards, les carences sont abyssales sur le plan sociétal, notamment en ce qui concerne le statut de la femme comme nous pouvons le constater au Moyen-Orient et dans le Maghreb.

Nous pourrions presque y voir une forme de résistance à un modèle économique et social occidental. Une position clivante avec ce qui serait considéré comme une "pornographie des mœurs" en occident. Vous allez trop loin sur certains sujets, notre réponse au chemin de traverse que vous empruntez est un repli sur nos propres fondamentaux.

De cette hypothèse, pour quelles raisons vitales l'occident s'arrogerait-il le droit de décider d'une révolution à la place d'un peuple ? C'est à lui seul d'en décider le moment. On ne peut l'imposer aux forceps, en Afghanistan comme ailleurs.

Si on analyse en fil d’Ariane les ingérences opérées partout en Afrique et au Moyen-Orient au nom de la démocratie, le but ultime est bien évidement d'en contrôler les ressources en gaz et en pétrole. C'est "diviser pour mieux régner". Le militaire se positionne ainsi comme le rouage essentiel de l'hégémonie occidental sur le plan économique.

Dans le cadre de nos relations avec les monarchies du golfe, le Wahhabisme n'est-il pas la contrepartie idéologique des armes et du pétrole que la société française doit accepter ? Le pétrole, prétexte à tous les conflits dans lesquels nous sommes engagés et qui en rien ne regarde les citoyens français...

En finançant les mosquées françaises, l'Arabie saoudite et le Qatar ont "naturellement" imprégné l'inconscient collectif de notre communauté musulmane sur les questions de sorcellerie, adultère, sodomie, homosexualité et apostasie, punis de mort dans ces pays. Les coupables décapités au sabre ou lapidés.

Ajouté à cela, Nicolas Sarkozy, toujours prompte à faire quelques conférences grassement rémunérées au Qatar et Emmanuel Macron recevant avec les honneurs de la République, le roi Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Le constat est implacable, depuis des décennies, aucun président de la République n'a changé de logiciel dans l'approche des relations bilatérales avec la péninsule arabique. Et le silence de la France s'en trouve encore plus assourdissant lorsqu'il est question de la militante saoudienne Israa al-Ghomgham qui risque aujourd'hui la décapitation.

À partir de ces éléments, nous pouvons en conclure que la France est en parti responsable de la couleur de l'Islam qui court nos rues.

Comment est-on passé de la danse orientale au voile intégral ? Pourquoi n'avons-nous pas un Islam des lumières inspiré du soufisme ou imprégné de la culture touareg ?

Alors bien évidemment, ce sont aux musulmans de faire leur auto-critique et se questionner sur leur religion. À réviser ou pas le Coran comme on le ferait de n'importe quel ouvrage de science ou d'histoire dans le cadre d'une remise à jour (MAJ) jour. Cette réforme, cette révolution culturelle ne peut être faite à leur place.

Aux musulmans de considérer (ou pas) jusqu'à la fin des temps qu'il ne faut pas toucher aux versets du Coran parce qu'ils ont été écrits de la main de Dieu.

Aux musulmans d'effectuer ou pas les réglages qui s'imposeraient afin que le Moyen-Orient et le Maghreb s'émancipent une fois pour toute de ces questions existentielles qui les empoisonnent au quotidien. A eux de franchir le pas afin d'être en symbiose avec le reste du monde. Pourquoi des profils tel que Ghaleb Bencheikh sont à ce point si point discrets dans le débat sur ces questions ? CoranIl y a indiscutablement dans le Coran des versets qui placent les sociétés musulmanes en porte-à faux avec la condition de la femme, l'homosexualité, le rapport avec les juifs et les chrétiens, les athées et les apostats.

Plus généralement, c'est le rapport de l'Islam au blasphème qui sous-entend que la critique de tel ou tel point serait interdit car non négociable. On ne contredit pas Dieu, on se tait et on le craint.

Prenons l'exemple du Maghreb ! Pourquoi n'est-il pas aujourd'hui dans l'excellence économique, philosophique et culturelle ? Parce qu'il est sous le joug de l'Islam politique et à la merci de prêcheurs qui en permanence disent tout et son contraire. À l'image de la musique qui serait haram (interdit) selon certains imams. À entendre ces crétins, doit-on interdire aux oiseaux de chanter ?

Toute personne honnête avec elle-même est en droit de dénoncer la supercherie d'une telle allégation.

En France, le vivre ensemble, repose sur un principe parfaitement clair : la séparation de l'église et de l’État !

La question qui est posée aujourd'hui est ce choc frontal entre les anti-Islam (islamophobes) et les musulmans.

Les premiers sans distinction les rendant responsables des attentats, de la délinquance et des incivilités. S'il y a une part de vérité dans ce diagnostic, la situation est infiniment plus complexe car elle met en jeu de nombreuses interactions d'ordre politique et sociétale.

La religion, c'est comme la cuisine ! Le bœuf est partout le même, on l'assaisonne selon ses ingrédients culturels. La foi personnelle des gens est respectable si elle est authentique ! Peu importe que l'on soit musulman, juif, bouddhiste ou chrétien.

Force est de constater que certaines racailles utilisent certains versets du Coran pour répandre le mal et escroquer au passage les croyants sincères dans leur approche avec Dieu.

Paradoxalement les Wahhabites et les soldats de Daech se targuent d'appliquer le Coran à la lettre ? Aux musulmans de définir comment le Coran doit être interprété et les passages qui doivent être expurger... ou pas.

En 2018, plus que jamais la raison doit l'emporter. Aucun livre sacré n'a été écrit de la main de Dieu, tout comme il est absurde de croire que Jésus serait venu au monde par l'opération du Saint-Esprit. Qui peut sincèrement aujourd'hui soutenir la thèse de l'Immaculée Conception ? Avancer dans la modernité, c'est balayer les superstitions passées et considérer le mystère de la vie au regard des connaissances actuelles.

Ce sont aux musulmans progressistes de prendre la lumière et non la laisser à ces faux croyants qui pour servir leur dessein de haine, prennent en otage celles et ceux qui ont une foi authentique. Je garderai toujours une distance critique vis-à-vis des religions mais je ne négocierai jamais cette foi sincère tournée vers l'amour de son prochain, cheville ouvrière de toutes les croyances.

Je dissocierai toujours le croyant de "l'étatisme religieux". Discernons la foi véritable, privilégions d'autres façons d'appréhender l'Islam !

Cela nous évitera de nous exclamer à chaque incident survenu dans la rue : "Allô Papa Tango Charlie, je répète, des zombies aux yeux exorbités armés de couteaux ont été lâchés dans la ville. Je répète...".

Conseil de lecture : je vous conseille les excellentes analyse du géopolitologue Alexandre Del Valle sur les monarchies du Golfe.

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