Les religions : entités politiques versus la foi individuelle sincère
Publié le 29 juin 2024 à 20 h 00
L'égalité humaine est une valeur fondamentale reconnue par toute personne dotée d'une éthique. Quelle que soit sa race ou sa religion. Cependant, une question délicate se profile : peut-on affirmer qu'une ethnie est supérieure à une autre en raison de la supposée supériorité de ses croyances ? La réponse est clairement négative. Une telle assertion impliquerait qu'une religion serait supérieure à une autre et donc qu'il y aurait une hiérarchisation des ethnies et par conséquent la supériorité de certaines sur d'autres. Du point de vue de l'humanité, cette allégation relèverait à la fois du racisme et de l'intolérance et donc d'une inégalité entre les êtres humains.
Les religions, par leur nature profondément politiques tendent à exclure ceux qui ne se conforment pas à leur doctrine, comme l'histoire nous l'a démontré à maintes reprises. Sous l'Empire romain, les païens ont été marginalisés et persécutés. Simon de Montfort, au XIIIe siècle, a mené une croisade impitoyable contre les Cathares, jugés hérétiques. La Saint-Barthélemy, en 1572, a vu un massacre de Protestants par des Catholiques. Plus récemment, les extrémistes islamistes, comme ceux de l'État islamique (Daech) ont exterminé des Chiites et d'autres groupes en Syrie et en Irak, sous le prétexte d'un suprématisme religieux. Chaque religion, en se basant sur des interprétations fluctuantes au fil des temps, peut osciller du pire au meilleur.
La religion pourrait être comparée à la cuisine : l'ingrédient principal, le bœuf, reste le même, mais il est préparé différemment selon les cultures, donnant ainsi des plats et des saveurs différentes. Il en est de même pour les religions qui partagent l'idée d'une puissance supérieure que certains appellent Dieu, créateur de toutes choses. Toutefois, d'un point de vue politique, Juifs, Chrétiens et Musulmans ont tendance a s’entre déchirer pour imposer la suprématie de leur propre Dieu, rejetant celui des autres, considéré comme faux. Ce positionnement est totalement absurde : il n'existe qu'un seul créateur commun à tous les hommes, car tous sont égaux par nature.
En vérité, ce qui importe réellement est le rapport personnel de chaque individu à sa foi et sa manière d'appréhender le divin. Cette foi transcende les religions car elle est une connexion directe avec une puissance supérieure telle que chaque personne se l'imagine et la ressent. Ainsi, il est impossible de juger les gens autrement qu'individuellement en matière de foi, car chaque relation avec le divin est unique. Il existe autant de façons de croire qu'il y a de croyants. Il n'est pas rare de rencontrer des Musulmans dont la pratique et la spiritualité sont plus proches du Bouddhisme que de l'Islam. Sous l'angle de la foi individuelle sincère, l'apostasie n'existe donc pas !
Un peu d'histoire
L'Empire romain et les païens :
- Paganisme romain : Avant l'adoption du christianisme comme religion officielle de l'Empire romain en 380 après J.-C., les Romains pratiquaient le paganisme, un ensemble de croyances polythéistes. Les païens honoraient une multitude de dieux et de déesses, chaque aspect de la vie étant sous la protection d'une divinité spécifique.
- Persécutions des chrétiens : Avant de devenir la religion d'État, les chrétiens étaient persécutés par les autorités romaines, notamment sous les règnes de Néron, Dioclétien et d'autres empereurs.
- Christianisation : Avec l'empereur Constantin et l'édit de Milan en 313, le christianisme a commencé à être accepté puis favorisé. À la fin du IVe siècle, le paganisme a été progressivement supprimé par des édits impériaux sous Théodose Ier.
Simon de Montfort et les Cathares :
- Hérésie cathare : Les Cathares, ou Albigeois, étaient un mouvement chrétien dissident florissant dans le sud de la France au XIIe et XIIIe siècles.Ils prônaient une vision dualiste du bien et du mal et rejetaient l'autorité de l'Église catholique.
- Croisade des Albigeois : En 1209, le pape Innocent III lança une croisade contre les Cathares. Simon de Montfort, un seigneur de guerre franco-normand a joué un rôle crucial dans cette croisade. Il a dirigé des campagnes militaires brutales pour éradiquer l'hérésie, notamment le massacre de Béziers où des milliers de Cathares furent tués avec une cruauté qui dépasse l'entendement.
La Saint-Barthélemy :
- Contexte : Les guerres de religion en France, entre Catholiques et Protestants (Huguenots) ont ravagé le pays au XVIe siècle. Le mariage de Marguerite de Valois (catholique) et Henri de Navarre (protestant) en août 1572 devait sceller une trêve.
- Massacre : Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, les cloches de Saint-Germain-l'Auxerrois sonnèrent le début du massacre des Huguenots par les Catholiques à Paris, événement connu sous le nom de massacre de la Saint-Barthélemy. Des milliers de Protestants furent assassinés, et les violences s'étendirent à d'autres villes françaises dans les mois qui suivirent.
Daech et les Chiites en Syrie et en Irak :
- Contexte : L'État islamique, également connu sous le nom de Daech a émergé au début des années 2010, exploitant le chaos des guerres civiles en Syrie et en Irak. Leur idéologie extrémiste prône un retour à un prétendu califat islamique pur et s'oppose violemment à toute forme d'islam perçue comme déviante.
- Massacres : Daech a mené des campagnes de terreur contre diverses communautés, y compris les Chiites, les Yazidis et d'autres minorités religieuses. En 2014, par exemple, Daech a attaqué la ville de Sinjar en Irak, massacrant des milliers de Yazidis et en réduisant d'autres en esclavage. Les Chiites ont été ciblés de manière systématique, car Daech les considère comme des hérétiques à éliminer pour établir leur version suprématiste de l'islam sunnite.



