France-Angleterre : des lendemains qui chantent ?

Cela faisait des années que j’avais zappé le rugby (avec un petit œil tout de même) ! Dégouté par la direction qu’il avait emprunté, tant au niveau des clubs que de la sélection nationale. Effaçant au passage, ce jeu à la Française, flamboyant, fait de passes au millimètre, de redoublements. Ne les appelait-on d’ailleurs pas les brésiliens du Rugby ? Les Sella, Lagisquet, Berbizier et Blanco, le Pelé de l’ovale.
Souvenir d’un grand chelem magnifique suivi d’une épopée homérique en coupe du monde… en 1987.

Forcément, nous nous disions que cette France-là n’était pas très loin, qu’un jour, elle soulèverait elle aussi le Graal, dans les vingt prochaines années. Qu’elle se servirait de ses acquis, de ses certitudes pour progresser encore et toujours… Ce fut l’inverse. Préférant vendre son âme au plus offrant pour rentrer dans une prétendue modernité.

Peu à peu, le rugby hexagonal se métamorphosa. On assista à l’avènement de joueurs de moins en moins technique, de plus en plus physique. Le jeu devint bête et méchant. Tout dans la musculation, rien dans la transmission de la mémoire, la philosophie du jeu. Des gagnes petit finissant par tout perdre… à trop calculer.

Incapables d’aligner plus de 3 passes. Des années à régresser. Au lieu de côtoyer les Blacks, nous en étions rendus à nous étalonner sur l’Italie. Et de voir défiler au passage, les nations devenues championnes du monde. Australie, Angleterre, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande encore et toujours. Point de France à l’horizon. Fatalement. Nous passeraient-ils tous devant ?Nouvelle-Zélande

La cerise sur le gâteau fut sans conteste cette déculottée mémorable contre nos chers Blacks, qui nous jouèrent leur meilleure partition. Quart de finale de la Coupe du Monde 2015. 62 à 13. Petit pays… Grand écart. Qu’est-ce qui pouvait justifier un tel gouffre ?

L’année suivante, la France termina à la 5e place aux Tournois des 6 nations. En 2018, elle se retrouve classée 10e au « Classement World Rugby ». Derrière les Fidji et l’Argentine… Tout cela s’était avant. Car Jacques Brunel est arrivé. Un nom et un parcours qui sonne bien. Puis une magnifique victoire contre l’Angleterre 22-16. Avec un phénoménal Bastareaud et un magnifique François Trinh-Duc, revenu en grâce (au passage, pourquoi s’en être passé ?)…

Surprenons-nous à rêver à des lendemains printaniers. À une remontada, à moins de deux ans de la Coupe du Monde au Japon. Le rugby ne peut être en bonne santé qu’avec une France forte.

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